Pourquoi partager mon chèque ?

En ce temps de pandémie, notre interdépendance, la manière dont nous sommes constamment connectés les un.e.s aux autres est exposée au grand jour. 

Mais ce n’est pas la seule chose que cette crise a révélé. Nul ne peut nier aujourd’hui que notre système économique actuel ne fonctionne pas pour la grande majorité d'entre nous, et que ses injustices sont exacerbées par les inégalités dont souffrent certaines communautés touchées par la crise actuelle.

Beaucoup d'entre nous ont peur. Beaucoup d'entre nous ne se sentent pas en sécurité. Des millions de personnes ont perdu leur emploi en quelques semaines. Beaucoup d'autres sont obligés de travailler en se mettant, eux et leur famille, à risque  - sans protection, sans indemnisation ou sans accès aux soins de santé. Beaucoup de personnes ne gagneront pas ou ne recevront pas assez d'argent pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs proches. 

De nombreuses personnes ne recevront aucun chèque ; les personnes qui dépendent de l'aide sociale ou qui travaillent en dehors de l'économie formelle ; les personnes sans statut reconnu par l’état ou incarcérées ont été immédiatement exclues des mesures d'intervention du gouvernement. Beaucoup de ces personnes vivent constamment dans la précarité économique, et cette situation n'est qu'exacerbée par les situations d'urgence.

En attendant, certains d'entre nous bénéficient toujours d'un revenu stable, peuvent se permettre de s'appuyer sur leurs économies ou leur patrimoine familial, ou ont accès à des fonds publics dont ils n'ont pas besoin pour leur propre survie immédiate. Certaines personnes économisent de l'argent en ayant la possibilité de rester chez elles et certains arrivent même à profiter financièrement de cette situation en faisant grimper les prix de ce dont d'autres ont besoin pour survivre.

Pour ceux d'entre nous qui ont une certaine stabilité financière, le moment est venu de partager nos ressources, en mettant de l'argent dans les mains des personnes et des organisations qui en ont le plus besoin. 

L'accès à la richesse et aux emplois bien rémunérés est largement déterminé par une série privilèges qui n’ont rien à voir avec le mérite, associés au contraire à la classe sociale, au fait d’être blanc et/ou d'être un colon sur ces terres. 

Pour ceux d'entre nous qui ont bénéficié de ces systèmes par le passé et qui en bénéficient encore, construire une société plus juste signifie redistribuer les ressources vers ceux qui sont victimes de la violence de ces mêmes systèmes. Cela signifie ici de refuser d’amasser des richesses au détriment du bien-être et de la survie des autres membres de nos communautés.

Il s'agit d'un acte de solidarité, et non de charité. Les modèles traditionnels de charité ne changent pas le statu quo ; ils nous demandent seulement de donner aux "moins fortunés" sans se soucier de partager le pouvoir qui est associé à ces richesses. Ils ne modifient pas les structures sous-jacentes qui sont à l'origine des inégalités.

En redistribuant nos ressources aux organisations et aux fonds qui chercher à assurer la survie des gens en ce moment tout en orientant leurs actions vers des changements systémiques, nous pouvons être solidaires les uns des autres. Cette crise a montré très clairement que notre bien-être individuel est directement lié à notre bien-être collectif. 

Ce moment nous appelle à réimaginer la façon dont nous vivons ensemble, de toutes les manières possibles. C'est une étape tangible pour briser l'emprise de la pensée capitaliste et construire un nouveau monde où nous prenons soin les un.e.s des autres et où l’on ne traite personne comme un objet jetable - pour nous assurer que nous avons tous suffisamment pour traverser cette crise collective et ce qui nous attends au-delà de celle-ci.

Vous engagerez-vous à partager une partie de votre chèque de paie ou de vos économies ? Engagez-vous ici.
 

Combien devrais-je donner ?

La part de vos revenus ou de vos économies que vous choisissez de partager sera sans aucun doute différente d’une personne à l’autre. Il n'y a pas une seule bonne façon de faire. 

Partager au lieu d'épargner

Si vous avez suffisamment pour survivre et que vous avez déjà redistribué de l'aide à des fonds d'entraide ou à ceux qui en ont le plus besoin en ce moment (y compris au sein de votre communauté, de votre famille choisie/d’accueil, de votre famille d'origine, etc.), envisagez de donner ce que vous épargneriez normalement durant la durée de cette crise. Si vous n'êtes pas en mesure d'épargner avec vos revenus actuels, calculez les dépenses que vous n'encourez pas pendant cette période de distanciation (déplacements, sorties au restaurant, divertissements, etc.) et donnez ce montant. 
 

Partagez un pourcentage de votre chèque de paie ou de vos économies

Si vous bénéficiez toujours d’un revenu stable, c'est-à-dire un revenu qui vous procure plus que ce dont vous avez besoin pour survivre, envisagez de donner 5 à 10 % de chaque chèque de paie. Si vous avez un revenu élevé ou plus de 6 mois d'épargne sur lesquels vous pouvez compter, donnez plus de 10 %.

Partager avec audace et générosité 

Imaginez le sentiment de plier sans atteindre un point de rupture. Que se passe-t-il lorsque vous songez à partager votre chèque de paie ou vos économies ? Comment pouvez-vous trouver un équilibre entre la peur qui peut exister à cette idée, tout en reconnaissant qu'il existe des privilèges économiques ou une sécurité sociale associés à votre situation ? Comme l'écrit Susan Raffo, “you may have less than you had a month ago, but is it the less that makes survival dangerous or the less that makes you uncomfortable?"

Où puis-je donner ?

Les fonds d’urgence / d’entraide
Soutien communautaire de personne à personne répondant aux besoins immédiats des gens en matière d'alimentation, de sécurité, de bien-être et de santé.

Les mouvements locaux / ancrés dans des communautés locales
Mouvements qui soutiennent et développent leurs communautés de manière à générer des changements systémiques positifs et pérennes.

 

Nous avons déjà vu des victoires importantes grâce au travail acharné des organisatrices et organisateurs de mouvements sociaux. La plupart d’entre eux n'ont cependant pas d'économies sur lesquelles s'appuyer et certains bailleurs de fonds se retirent durant la crise du Covid-19, créant un besoin encore plus important de financement pour soutenir ce travail au-delà de la crise actuelle.
 

Quand dois-je le faire ?

Partagez maintenant

Les gens attendent souvent la fin de l'année civile pour faire des dons en pensant aux déductions fiscales. Faites plutôt votre don maintenant.
 

Partagez à plusieurs reprises

Mettez en place des paiements récurrents ou des rappels dans votre calendrier pour vous souvenir de partager votre chèque de paie pendant toute la durée de la crise, voir au-delà. Si vous êtes le type de personne qui utilise un outil de planification budgétaire, n’hésitez pas à l’inclure dans votre budget mensuel.

Quoi puis-je faire d'autre ?

Passez le mot

En plus de vous engager personnellement, pourquoi ne pas le partager avec 5 autres personnes autour de vous ? 

 

Utilisez-le pour entamer une conversation avec vos ami.e.s et votre famille sur l'importance de redistribuer, en ce moment et de manière générale - ou racontez pourquoi vous vous engagez à partager votre chèque et où ça sur les médias sociaux avec le hashtag #PartagerMonCheque. 

Exemple de publication

Je m'engage à #ShareMyCheque. Je travaille à domicile pendant cette crise, alors que de nombreuses personnes ont perdu leur emploi ou sont laissées pour compte par la réponse du gouvernement. Redistribuer mon chèque est le moins que je puisse faire.

 

Voulez-vous vous joindre à moi ? sharemycheque.org/fr

Partagez les visuels

Agir

Exiger des changements structuraux, aux côtés des groupes qui luttent contre les violences du capitalisme, de la colonisation et de l'austérité néolibérale. Il s'agit d'une liste en constante évolution d'appels à l'action émanant d'un large éventail d'organisations de base défendant les intérêts des communautés marginalisées.

Consultez notre liste ici.